L’art de vivre : les coutures du Tapis persan

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Inspirational interior

Du 21 au 23 novembre s’est tenu à Hanoi une exposition de tapis millénaires persans.
Le tapis persan. Après les chats, sûrement l’un des premiers mots qui vient à l’esprit lorsqu’on pense à l’Iran.

Issus d’un savoir-faire qui remonte à l’âge du bronze, ils ornent de faste, de beauté et de couleurs les intérieurs iraniens. On ne peut encore aujourd’hui leur donner d’âge : le savoir-faire dont ils sont les témoins se transmet de génération en génération, comme un secret en héritage.

De soie, de laine et de coton, leur fabrication n’a en effet pas bougé. On estime la valeur d’un tapis par le nombre de nœuds par pouce carré, la saturation des couleurs ou la complexité des détails. Et ils sont nombreux. Si l’on distingue 6 tailles de tapis persans (Ghali, Dozar, Ghalitcheh, Kelleghi, Kenareh, Zaronim), le champs des motifs comme des significations est infini. Et leur douceur devrait, selon une expression iranienne, être comparable au « toucher d’une oreille de lapin ».

Le Boteh, ce motif en forme d’amande est par exemple le plus connu. Mais il y a aussi le Gol, signifiant fleur en persan, ou herati, formé de petites rosaces.

Les bordures sont également travaillées, toujours dans une sémantique de champs, de production. Les couleurs viennent enfin couronner d’aura ces célèbres formes. Issus de colorants naturels tels que l’indigo, la vigne, mais aussi le safran, les tapis persans sont vifs et chaleureux (il est dit que dans certains bazaar, des acheteurs frottent de tissus humides les tapis pour vérifier la ténacité des coloris).

Le tapis a également, en plus de sa dimension fonctionnelle, celle de protéger du froid par exemple ou d’esthétiser son intérieur, une dimension symbolique, quasiment onirique. Considéré comme un espace magique (ne croit-on pas, tous, aux tapis volants ?).

L’arbre qui y figure peut symboliser la fertilité et l’apporter dans le foyer, ou encore les nuages, présages d’une communication avec le divin. Véritables langages, ils sont aussi les témoins des émotions et de la vie de leurs auteurs. Fin XVIème siècle, des grands peintres se prêtaient à l’exercice, pour le Chah Abbas, qui en était mordu. Aussi mordus que ceux qui, en 1969, s’offrirent un Kashan (un tapis persan de tissage très fin) pour plus de 20 000 dollars.

Preuve de leur préciosité, certains sont exposés au Musée du Louvre, à Paris, au Musée d’Art Metropolitan de New-York et bien sûr au Musée National de Téhéran.