Comment la cosmétique est-elle devenue une obsession iranienne ?

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Comment l’Iran est-il devenu le 2ème pays du Moyen-0rient consommateur de cosmétiques en chiffre d’affaires, après l’Arabie Saoudite, et 7ème au rang mondial ? C’est qu’une partie des 38 millions des femmes du pays s’en sont largement chargées…

C’est un véritable « boom » que connaît l’Iran sur ce marché. Maryam, 24 ans, une jeune fille de Téhéran nous explique au téléphone que « Le maquillage est un rituel obligatoire avant de sortir de chez soi ». Cheveux et corps couverts mais visage fardé, un moyen pour les jeunes iraniennes d’exprimer leur beauté dans les rues du pays. La grande  tendance du marché ce sont les salons de coiffure et d’esthétique très prisés, ouvrant en nombre. Les femmes s’y rendent régulièrement et se retrouvent entre elles pour des moments privés, que l’on pourrait tout à fait  imaginer n’importe où en occident.

 

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Photo AFP

Malgré des restrictions économiques qui pénalisent le pays, un embargo international imposé par les États-Unis depuis 35 ans (en phase d’être entièrement levé suite aux accords sur le nucléaire du 14 juillet dernier), ce marché de la beauté concernerait au moins plus de 55% de la population (âgée de moins de 30 ans) et se présente comme un Eldorado pour les marques européennes . Le groupe français L’Oréal l’a bien compris :

Pour la première fois depuis la Révolution Islamique de 1979, la marque de luxe s’est introduite dans le pays en grandes pompes : plus de 400 invités, une soirée de lancement luxueuse dans l’un des plus beaux hôtels de Téhéran. La filiale luxe de L’Oréal ne s’est pas trompée et LVMH Parfum a bien raison de s’y implanter également : en moyenne, les iraniennes achètent quatre mascaras par mois contre un mascara par trimestre pour les françaises, selon les maquilleurs professionnels. Car, porter du maquillage ne viole pas les lois de la République Islamique, en effet, «l’islam n’interdit ni le parfum, ni les cosmétiques», explique Pegah Goshayeshi, directrice générale de la chaîne iranienne de parfumerie Safir.

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Afrascorner – 2013

L’Iran illustre de nouveaux ses contrastes, millénaires, et la capacité d’une population d’accorder les traditions et la modernité. Elles sont comme cela les femmes iraniennes : « Libres autant qu’elles le peuvent » nous dit Sima, étudiante à Shiraz, tout en précisant que son pays « n’est pas seulement religieux ou seulement libéré, il est vraiment les deux à la fois ». Et c’est certainement cela, la subtilité du marché iranien.

A suivre de près ces prochains mois.