Comment l’obligatoire « manteau » est devenu un accessoire de mode en Iran

6622797038df844e5c6bde1a74e1fff2

Instagram @RICHKIDSOFTEHRAN

Pour ceux qui l’ignorent encore, en Iran, dans les lieux publics, les femmes doivent porter ce qu’on appelle un « manteau » – manto – en iranien. Pour faire simple, c’est une veste qui tombe en-dessous du genoux, en accord avec les lois en vigueur du pays, plutôt pas trop près du corps : la fonction initiale de ce vêtement étant de dissimuler les formes. Loin de ce que l’on peut imaginer, les jeunes filles et femmes iraniennes ne s’habillent pas de manière austère et ne sont guère vêtues que de tchadors noirs. A vrai dire, il est même plus rare de croiser des femmes en noir à Téhéran, mais plutôt des filles qui « twistent » judicieusement leur manteaux avec les codes modernes et en font des accessoires de mode à part entière. On pourrait d’ailleurs presque parler de « It – Manteaux » comme on parle de It – Bag en Occident. Nazanine, 27 ans, résidant à Téhéran, nous explique que pour elle « le manteau est l’accessoire le plus important de sa tenue, avec le foulard qu’elle porte lâche car ce sont les deux éléments qu’on voit en premier ». Elle dépense « énormément d’argent pour ce type de vêtement ».

Et ça, les créateurs l’ont bien compris, de nombreuses jeunes marques, comme Coocooz, concentrent leur ligne de prêt-à-porter sur ce vêtement nécessaire, à la fonction « utilitaire » et le rendent ultra-désirable grâce à des coupes modernes et structurées, des matières souples et agréables.

IMG_0987

Insatgram @coocooz

 

IMG_0989

Instagram: @coocooz

D’autres marques comme Nofux dont nous vous parlions ici, jouent le jeu de la couleur et du mix & match : une tendance forte observée sur le marché des  manteaux et foulards iraniens.

Capture d’écran 2015-10-13 à 17.59.10

Instagram: @nofuxlabel

Aussi, une des particularité des marques de mode iraniennes est leur attachement à  la culture perse, souvent représentée dans les collections. Les jeunes créateurs mixent avec audace les codes traditionnels et ceux de l’air du temps pour créer un produit très proche de leur identité iranienne.  Intéressant à savoir lorsqu’on est une marque de mode française (ou occidentale plus largement) souhaitant s’implanter sur ce marché difficilement décryptable si on ne connaît pas bien la culture, parfois nationaliste des iraniens.

 

FullSizeRender (6)

Instagram @Gisella by Ghazaleh Rezaie

Pour conclure, et répondre à une question qui nous a interpellée la semaine dernière : Oui, une femme peut marcher dans les rues de Téhéran, et non, les femmes iraniennes ne portent pas la Burqa. Nous ne sommes pas en Arabie Saoudite.

A suivre sur Persiennes, de nombreuses nouvelles sur le secteur de la mode et de la beauté, son évolution et ses tendances de fond.

Restez connectés !

 

Cover picture: DR