Comment le foulard iranien est devenu un attribut mode à Téhéran

07dc0ff0ce5ce2354b306952be65b184

DR – Pinterest

Le foulard serait-il en phase de devenir l’ultime accessoire de mode, en Iran, où son port est obligatoire mais également en Occident, où celui-ci investit régulièrement les dressing des filles, des défilés, des street style et même les codes de communication de certaines marques comme H&M.

En Iran, le foulard bénéficie du même statut que  le « manteau » dont nous vous parlions ici. Ce qui signifie qu’il est obligatoire. Afin d’être en accord avec les lois islamiques iraniennes en vigueur depuis 1979 (date de la Révolution Islamique) les tenues des femmes iraniennes doivent être « pudiques » au regard de la loi. Vous imaginez bien qu’en 36 ans, les femmes et les jeunes filles iraniennes ont trouvé le moyen de twister le port du voile et d’en faire presque un accessoire de mode. Oui, la capacité des iraniennes à concilier les règles religieuses, leur foi et la mode est infinie.

Par exemple, la marque de foulards et de châles Silk Kafi, distribuée dans la boutique Kafistores au Elahieh Mall de Téhéran propose des foulards luxueux comme ceux de Lacroix, Kenzo, Ferragamo ou encore Louis Vuitton pour cette clientèle pointue et désireuse de porter les dernières collections des grandes maisons de couture.

Capture d’écran 2015-10-20 à 15.17.44

Instagram @silk_kafi

 

Capture d’écran 2015-10-20 à 15.30.05

Instagram @silk_kafi

De la couleurs, des motifs originaux, des fleurs, des franges, tout est imaginable sur le foulard et tout devient potentiellement une tendance dans les rues de la capitale iranienne. La cohabitation entre le traditionnel « hijab » ou encore le « maghnaeh » (obligatoire pour les femmes travaillant dans les administrations publiques) avec des foulards et châles plus décontractés est assez banale.

Dans les rues de Téhéran, vous trouverez des femmes, religieuses, qui porteront le voile de manière plus stricte, comme Parissa, 31 ans, qui vit à Téhéran et nous explique par Skype (oui, nous avons Skype en Iran) qu’elle « préfère porter un voile réglementaire, d’abord parce que c’est sa croyance et aussi pour ne pas se faire remarquer inutilement » mais elle nous précise aussi n’avoir « aucun problème avec les filles qui préfèrent un voile plus coloré et moins stricte ». Mina, elle, à 24 ans ne porte que le foulard (roussari en iranien) « le  moins serré possible, le plus coloré, le plus en arrière et avec les cheveux de devant dépassant son roussari ». 

Bien sûr, il ne s’agit pas non plus de faire n’importe quoi, la police des moeurs, bien que moins répressive sous la présidence de Hassan Rohani rappelle à l’ordre d’un port « correcte du voile » dans les rues. Mais les restrictions sont loin d’être un frein à la créativité et liberté des iraniennes (vous qui nous lisez depuis un moment l’avez compris).

Lire aussi : Mode, le Boom de Téhéran

IMG_1052

Instagram @STREETSTYLE_IRAN_IR

Capture d’écran 2015-10-20 à 15.29.02

Instagram @Silk_Kafi

On peut se demander si le hijab est un peu le nouvel attrait mode lorsqu’on le voit mis en avant par les marques comme H&M qui ont bien capté cette cible au fort potentiel d’achat. En septembre dernier, l’enseigne suédoise sortait ce visuel qui avait fait couler beaucoup d’encre pour sa campagne de publicité :

55f2847940867

H&M

Un premier pas significatif vers une démocratisation « mode » du voile et une excellente stratégie marketing de H&M sensible à l’influence du Moyen-Orient et de l’Asie Mineure.

Foulards, Hijab, Châles, le mieux, c’est d’aller en Iran et comprendre par vous-même les mille et une façons de porter ces accessoires initialement religieux, qui jouent sur le terrain de la mode avec de plus en plus d’inspiration.

On vous a sélectionné quelques looks voilés, inspirés du board Pinterest « Wear your scarf » :

Cover Picture: Silk_Kafi